Le journal original de Roy (3/4)

En Francais sur voyagevoyage.com:

»L'introduction

»L'itinéraire

»Sponsors

»Le journal original

»Notre weblog

Seulement en Anglais:

»This site in English

»Our weblog

»Postcards home...

»Donate

»Email Nina

Big thanks to our hardworking sponsors at Bridge Translation and Publishing for translating huge sections of this site into French for us.

© 2003 Nina Jenkin.

Samedi 25 juillet (20ème jour)

Nous nous sommes levés à 8 heures, avons fait des frites et des œufs sur le plat, et secouru le petit garçon du fermier quand la bicyclette de Gordon lui est tombée dessus..

Nous avons poursuivi notre route en longeant la vallée de l'Isère, qui est plate et relativement large, avec des montagnes escarpées de chaque côté. Il faisait très chaud. A la troisième tentative, nous avons trouvé un restaurant en bordure de route, où nous avons mangé un déjeuner à 300 fr. C'était plutôt bon, avec un plat de fruits copieux. Nous étions assis au jardin, à une table abritée par des arbustes..

A Chambéry, nous avons été impressionnés par le nombre de nouveaux magasins. Nous avons acheté du lait, des pommes, des glaces et un pain d'épice. Nous commencions à penser aux cadeaux à ramener à la maison, et nous avons déambulé dans un grand magasin..

Vignes au-dessous des falaises abruptes qui bordent la vallée de l'Isère.
Photo 73. Vignes au-dessous des falaises abruptes qui bordent la vallée de l'Isère.

En sortant de Chambéry, la route était plate, avec une piste cyclable en certains endroits. La route longe le lac du Bourget jusqu'à Aix-les-Bains. Nous avons demandé à une ferme qui se trouvait en plein milieu d'un quartier résidentiel si nous pouvions nous y arrêter. Ils ont été très obligeants et nous ont laissés utiliser leur table et chaises dans le jardin. Ils nous ont même offert de nous servir de leur fourneau, et ont cherché des émissions radio en anglais. Nous avons mangé des œufs sur le plat, des frites et du pain frit. Nous avons encore dormi dans le foin, de nouveau avec de la lumière électrique. Je me suis endormi alors que j'avais à peine déroulé mon sac de couchage. Nous avons bien dormi et nous nous sommes réveillés à 8 heures. Nous avons frit du pâté de porc (en boîte) et mangé ce repas avec de la purée, arrosé de thé. A l'heure du déjeuner, nous avons fait une longue pause près du Rhône, qui est large en cet endroit, mais très tumultueux et qui coule vite. Nous avons fait nos "toilette et ablutions" tout en nous abritant du soleil de midi..

Photo 74. Un pêcheur sur le lac du Bourget.
Photo 74. Un pêcheur sur le lac du Bourget.

Plus tard, nous avons acheté un "pur jus de fruit", du jus de raisin. Nous avons découvert que le car que nous espérions prendre de Frangy à Viry, pour franchir un massif de montagnes élevées, ne passerait pas ce jour là car c'était dimanche. Nous avons décidé de faire la route à pied. Il y a eu deux grimpées relativement raides, faisant environ 6 miles en tout, Gordon a ensuite commenté que, comme son vélo ne lui avait causé aucun problème dans les 1000 miles que nous avions parcouru jusque là, il enverrait son bon rapport à Phillips dès son retour. Il n'avait alors aucune idée de ce qui allait se passer dans l'heure suivante! Nous avons vu une fête dans un village, où les gens dansaient et se restauraient, et où on pouvait faire du tir..

Photo 75. Des enfants, rencontrés en Haute-Savoie.
Photo 75. Des enfants, rencontrés en Haute-Savoie.

Nous avons vu des enfants (photo) avec les genoux peints en rouge vif, et nous nous demandions bien ce qu'était ce rouge. Nous avons atteint le sommet, le Mont Sion (2000 pieds), puis entamé la longue descente en ligne droite jusqu'à Genève..

Nous descendions joyeusement en roue libre, comme si la route nous appartenait, lorsque soudain, d'une route latérale est arrivée une voiture qui a stoppé en plein milieu de notre chemin. Nous avons tous deux appuyé à fond sur nos freins, et dérapé en arrivant presque à nous arrêter. J'ai heurté le côté de la voiture, la cabossant avec ma roue avant, toutefois sans même marquer ni mon pneu, ni ma roue. Gordon n'a pas réussi à s'arrêter aussi bien, et sa roue avant s'est prise dans le pare-chocs arrière du véhicule, l'a fait basculer par dessus le guidon, a voilé sa roue avant et déformé ses fourches et son guidon. Son bon rapport à Phillips était en l'air! Nous avions tous deux quelques écorchures, mais heureusement rien de plus grave. Gordon avaient 16 écorchures en tout, au visage, aux articulations des doigts et à un genou. Quant à moi, j'en avais 8, aux genoux, au coude et au bras. Cet accident s'est produit dans le petit village de Maison-Neuve devant l'hôtel "Au Bon Coin". .

Il nous a semblé que les villageois arrivaient tous en même temps pour nous aider. Ils nous ont donné du cognac, ont nettoyé nos plaies, puis ont mis dessus un genre d'iode moderne (qui ne pique pas), la fameuse peinture rouge que nous avions déjà vu sur les enfants. Les gens ont nettoyé le verre cassé de la bouteille que Gordon transportait dans la sacoche de son guidon. Bizarrement, le Thermos qui se trouvait à côté de cette bouteille était intact. Dû au choc, nos capacités en langue française nous ont fait momentanément défaut, et nous avons été très contents lorsqu'un enseignant, M. Cudet, est arrivé car il pouvait s'exprimer en anglais. Il nous a représenté dans les discussions avec le conducteur de la voiture. Ce qui nous inquiétait le plus était de pouvoir faire réparer le vélo de Gordon pour continuer notre Tour..

Photo 76. La côte, vue de l'hôtel en contrebas.
Photo 76. La côte, vue de l'hôtel en contrebas.

Photo 77. Monsieur Cudet.
Photo 77. Monsieur Cudet.

Il ne faisait aucun doute que nous avions eu la priorité, et nous avons deviné que l'automobiliste offrait de payer "du moment qu'on n'appelait pas la police". Les gens nous ont emmenés au bureau de poste pour laver nos bras et jambes, et on nous ont offert du rhum. Ils ont accroché la bicyclette de Gordon à l'arrière de la voiture, puis nous sommes allés voir le réparateur de bicyclettes dans la ville voisine, St-Julien-en-Genèvois. Le garagiste bougon n'avait pas envie de faire le boulot, mais finalement, il a accepté de le faire, pour que la bicyclette soit prête deux jours plus tard. Il pensait que les pièces de rechange françaises n'allaient pas être à la bonne taille, et heureusement que nous n'étions qu'à un mile de la frontière suisse, étant donné que les vélos britanniques sont communs en Suisse. Le coût était de 4 livres 15, et l'automobiliste a payé. Une vieille dame qui se trouvait là a servi d'interprète car M. Cudet n'était pas venu avec nous dans la voiture.

L'automobiliste, un homme d'environ 25 ans, s'est arrêté sur le chemin du retour, et nous a tous payé un verre, du vin rosé. A l'hôtel "Au Bon Coin", nous nous sommes attablés et les négociations ont commencé. (La petite conférence de Genève!) M. Cudet a obtenu que l'automobiliste nous dédommage 1 livre par jour chacun, pour le délai de deux jours causé, plus 1 livre pour la montre de Gordon, qui était abîmée. Etant donné que nous vivions avec moins de 10 shillings par jour, cela signifiait pour nous quatre jours de vacances en plus! Une fois l'accord signé par tous, le conducteur a commandé un verre de vin rosé pour nous, puis est parti en serrant la main à tout le monde..

Photo 78. La poste de Vers, Le Bon Coin.
Photo 78. La poste de Vers, Le Bon Coin.

Vers, le 26 Juillet 1953.

Monsieur VINCHARD Edmond.
15 Avenue Berthollet.
Annecy (Haute-Savoie).

a versé une somme de cinq mille francs français (5000 fr.) pour frais d'hôtel et réparation de la montre.

A Mr L R Jenkin.
16 South Avenue, Exeter (Devon)
et à M G W Newbery 87 Wardrew Road.
Exeter (Devon) Angleterre.

(soit trois mille francs à M. Newbery et deux mille francs à M. Jenkin).

Témoins: M Cudet Edmond, professeur en vacances à Vers, et M. Saint-Germain Louis, employé à Vers..

La réparation de la bicyclette sera acquittée directement par Monsieur Vinchard (la bicyclette a été examinée par M. Duparc Fernand, garagiste à St Julien) et doit être réparée mardi le 28 juillet 1953.

Ont signé -- M Vinchard.

M Jenkin -- M Cudet.

M Newbery -- M St Germain.

Photo 79. A St. Julien, le vélo de Gordon, attaché à la plaque minéralogique 764 N 74.
Photo 79. A St. Julien, le vélo de Gordon, attaché à la plaque minéralogique 764 N 74.

Photo 80. Eglise de Vers, Haute-Savoie.
Photo 80. Eglise de Vers, Haute-Savoie.

M. Cudet était enseignant en Côte d'Ivoire, en vacances dans l'hôtel de son frère. Il nous a demandé si nous aimerions manger du 'sup'. Nous avons pensé qu'il voulait dire de la soupe, mais il voulait dire le souper. Nous avons eu de la soupe, une quantité énormes de pommes de terre rôties, du fromage, des fruits, puis bu du café. Ensuite, M. Cudet nous a emmenés dans la salle de classe du village, où nous avons dormi à même le sol..

Le matin, vers 9 heures, la femme de l'instituteur du village nous a apporté le petit déjeuner, de type continental. Il comprenait de l'excellent pain bis, de la confiture faite maison et un grand bol de café chacun. Nous n'avions pas perdu l'appétit et bientôt, le tout avait disparu. Nous nous sommes ensuite lavés, rasés, avons remis de la "peinture rouge" sur nos plaies, et avons fait un peu de lessive. Ensuite, M. Cudet nous a invités à l'hôtel pour un déjeuner qui comprenait hors d'oeuvres, veau, petits pois, pommes de terre, carottes, fromage, fruits, et vin. Assis là, nous avons regardé passer le car Frangy-Viry, sur lequel nous avions failli partir. L'après-midi, M. Cudet nous a emmenés à St Julien dans sa petite Renault 4 chevaux, et a insisté pour que nous soyons examinés par un docteur. Au bout d'un long moment dans la salle d'attente, le docteur a examiné nos écorchures, qui étaient toutes des plaies propres, et a juste prescrit du Soluchrome ("la peinture rouge"). M. Cudet a insisté pour l'acheter, ainsi que du coton hydrophile pour le mettre, et nous a aussi payé un kilo de raisin..

En début de soirée, nous avons fait un tour à pied. Nous avons découvert que dans le village de Vers, à moins d'un demi mile du fameux carrefour, un lieu saint était en cours de construction en l'honneur de Saint-Christophe, le patron des voyageurs!

Photo 81. Un vieux monsieur, résidant à l'hôtel.
Photo 81. Un vieux monsieur, résidant à l'hôtel.

Ce soir-là, M. Cudet nous a invités à dîner. On nous a fait visiter l'usine de fromage du village et nous avons observé les gens des fermes qui apportaient leur lait à l'usine dans des récipients de forme spéciale. La plupart du fromage fabriqué est le gruyère (c'est celui avec les trous!) et nous avons bien apprécié le morceau mangé au dîner. Nous avons aussi goûté au fromage de chèvre, mais nous n'avons pas aimé çà. A l'hôtel, nous avons écouté des chansons et regardé les villageois qui allaient et venaient. Nous avons de nouveau dormi dans la salle de classe, en ne nous réveillant qu'à 9 heures du matin..

Une fois de plus, on nous a apporté le petit déjeuner, qui était le même que la veille, avec peut-être encore plus de bon beurre crémeux fait maison. Nous avons dit au revoir au maître d'école et à sa femme, et promis de leur rendre visite si nous nous trouvions de nouveau dans les environs. Nous avons bu de l'Anis, et ils nous ont donné tout un tas de prunes à emporter. Nous avons dit au revoir au gens de l'hôtel, et à la dame de la poste. Enfin, nous avons fait nos adieux à M. Cudet, qui nous avait si bien aidé qu'il serait difficile de lui rendre la pareille. Nous lui avons envoyé un cadeau, une fois rentrés chez nous. Gordon a pris le car jusqu'à St-Julien, et j'y suis allé à bicyclette. Nous avons mangé une autre glace à la vraie fraise, puis sommes allés voir le garagiste. Après un peu de persuasion pour l'y pousser, il a fini le travail. La bicyclette de Gordon avait maintenant une roue avant de 27 pouces, une roue arrière de 26 pouces, et un nouveau guidon avec des courbes à la toute nouvelle mode française!

Photo 82. L'hôtel 'Au Bon Coin'
Photo 82. L'hôtel "Au Bon Coin"

Photo 83. Le lac de Genève, un soir.
Photo 83. Le lac de Genève, un soir.

Photo 84. Le 'Jet d'eau' de 400 pieds, à Genève.
Photo 84. Le "Jet d'eau" de 400 pieds, à Genève.

Nous avons pédalé jusqu'au poste de frontière suisse à Perly. Peu de touristes utilisent cette voie d'entrée en Suisse, et le douanier en uniforme gris n'a même pas regardé à l'intérieur de nos passeports quand il a vu leur couverture britannique. Nous avons continué jusqu'à Genève, qui semble être une ville très propre, comme la plupart des villes suisses. Nous nous sommes assis au bord du lac, regardant les illuminations, qui étaient similaires à celles que l'on trouve dans les stations balnéaires anglaises, et nous avons admiré la grande fontaine. Nous avions aperçu son jet d'eau, qui fait 400 pieds de hauteur, depuis Vers, à dix miles de distance..

Comme dans de nombreuses villes de vacances fréquentées par les français, il y avait un casino. Nous avons acheté une glace à un stand qui offrait 12 parfums différents. Elles étaient bien meilleur marché qu'en France, mais à peu près au même prix qu'en Angleterre..

Une vieille dame bien gentille a cru que notre peinture rouge était du sang, et nous a supplié de nous rendre à l'hôpital. Nous avons quitté Genève une fois la nuit tombée, et nous sommes présentés dans une ferme sur la route principale. Le vieux fermier était d'origine allemande et pas du tout commode. Néanmoins, il nous a laissé dormir sur un petit tas de vieux foin. Le lendemain, nous avons mangé du chocolat pour le petit déjeuner, puis sommes partis de bonne heure. Pendant tout notre séjour en Suisse, le temps a été gris. Nous sommes partis sur la route de Lausanne (route no.1) traversant Nyon, puis Rolle, et arrivant enfin à Morges. Là, nous avons trouvé un restaurant près de la gare. Le repas y était excellent. Le plat de viande laissé sur la table, jusqu'à ce que nous soyons servis, était gardé au chaud sur une petite plaque chauffée par deux petites bougies de cire. On nous a resservi des légumes..

Après Morges, la route montait et descendait beaucoup, avec un mauvais revêtement. Nous nous sommes arrêtés pour la nuit à l'auberge de jeunesse d'Orve, la première auberge de jeunesse de notre périple. Elle était petite et très agréable. Presque tous les résidents parlaient allemand, y compris les deux petits gars d'environ douze ans, que l'on a trouvé partout dans les auberges de jeunesse suisses. Ils ne semblaient avoir aucun bagage, et dormaient tout habillés sur un matelas nu. Nous avons fait des frites et une omelette pour notre souper. Il a plu pendant la nuit. Nous nous sommes réveillés à 8 heures, puis avons poursuivi notre chemin vers Neuchâtel. Nous avons pique-niqué pour le déjeuner près du lac à Yverdon: pain, fromage, laitue et fruits. Poursuivant notre route le long du lac, nous avons atteint Neuchâtel en début de soirée. Nous avons fait un tour dans les magasins et acheté plusieurs souvenirs..

Photo 85. Le lac de Genève, tôt le matin.
Photo 85. Le lac de Genève, tôt le matin.

Devant une pâtisserie, nous avons rencontré un homme qui nous a dit qu'il partait bientôt pour Birmingham. Nous avons causé un peu, et il nous a acheté un gâteau. Il nous a indiqué quelques restaurants bon marché, mais nous n'avions pas besoin de manger à ce moment-là. Nous avons admiré les magasins d'appareil photo, les yeux écarquillés. La sélection est nettement supérieure à celle des magasins français ou anglais..

Photo 86. Une usine dans la campagne suisse (fabrique de montres).
Photo 86. Une usine dans la campagne suisse (fabrique de montres).

Photo 87. L'auberge de jeunesse de Bienne.
Photo 87. L'auberge de jeunesse de Bienne.

Nous nous sommes rendus à l'auberge de jeunesse de La Neuveville. Les jeunes garçons en vélo, qui nous ont guidés à travers les rues transversales pavées pour y arriver, grimpaient les rues escarpées en pédalant à toute vitesse, et nous n'osions pas descendre de vélo de peur de les perdre (et de perdre un certain honneur national!) En arrivant, nous avons rencontré un gars allemand qui parlait très bien anglais. Non! Américain. La première chose qu'il nous a pratiquement dit a été: "Connaissez-vous Henry Jelinek?" En fait, nous avions été au lycée dans la même classe qu'Henry pendant sept ans, donc on le connaissait bien. Cet allemand s'était trouvé dans sa classe, lorsqu'Henry avait passé un an au collège en Allemagne. Comme le monde est petit! Nous avons aussi rencontré un gars français, Jean (Rheimo 3339) qui a bien sympathisé avec le gars allemand. Leur langue commune était l'anglais! Nous avons souvent remarqué que, dans les auberges de jeunesse, la deuxième langue par rapport au pays dans lequel on se trouve, était toujours l'anglais..

Nous avons assez bien dormi, malgré une auberge de jeunesse pleine de monde. De même qu'à Orve, il n'y avait pas de lits distincts, mais un long matelas rempli de paille, chaque personne utilisant ses propres couvertures et 'sac-à-viande'. Il a de nouveau plu pendant la nuit. Le jour suivant, nous avons continué jusqu'à Biel (Bienne). Nous y avons touché un autre chèque de voyage, car la Suisse tirait dur sur nos finances. A la sortie de la banque, deux femmes se sont mises à nous parler en allemand, car elles croyaient que nous étions des allemands en vacances. Heureusement, l'une d'elles parlait anglais, car elle avait été interprète. Notre aventure les a beaucoup intéressé, et elles nous ont emmenés dans un café pour en entendre les détails. Elles nous ont offert un café et des gâteaux, et nous ont appris la phrase d'allemand que nous avons utilisé le plus: "Ich verstehe nicht"- Je ne comprend pas! Nous étions maintenant dans la partie de la Suisse où les gens parlent allemand, mais la plupart des commerçants pouvait aussi parler français. Cette transition graduelle a été très utile, car les notices et devantures de magasins avaient leurs signes imprimés dans les deux langues, donc nous avons appris un peu d'allemand, car nous en connaissions très peu, et ne pouvions pas du tout le parler. En fait, la seule conversation entière et compréhensible que j'ai eu en allemand a été à l'auberge de jeunesse d'Orve, où un petit garçon, voyant que Gordon et moi avions des écorchures aux bras, les a montrés du doigt en disant "Beide"(les deux?) et j'ai alors répondu "Ja"(oui). Après Solothurn, nous avons grimpé un col de 3000 pieds franchissant les montagnes du Jura. Il faisait relativement froid, pour la descente en roue libre de l'autre côté. La fille dans un magasin près du sommet venait de rentrer d'un séjour en Ecosse! Nous avons mangé une glace délicieuse (à prix réduit!) qui avait plusieurs parfums..

Photo 88. Roy à Bâle.
Photo 88. Roy à Bâle.

Photo 89. Bâle. Hôtel de ville et place du marché.
Photo 89. Bâle. Hôtel de ville et place du marché.

En descendant de l'autre côté du col, nous avons été bien étonnés, comme vous pouvez l'imaginer, de croiser un train qui grimpait la côte! La locomotive à vapeur sortait tout droit d'un Western américain. Toutes les voies ferrées principales suisses sont électrifiées, et nous avons sans doute vu le dernier train à vapeur du pays. Il a sans doute maintenant aussi disparu, car ils étaient en train d'installer les poteaux pour l'électrification. Nous avons atteint Bâle, où nous avons dormi à l'auberge de jeunesse. Elle était grande (140 lits) et bien équipée, avec des matelas à ressorts. Cette auberge de jeunesse est tout simplement un grand camp de transit, car Bâle est à un carrefour ferroviaire clé, étant souvent appelée "La porte d'entrée de la Suisse". La fille du bureau parlait allemand, français et anglais, en succession rapide, et elle était habituée à toutes sortes de soucis. Comme nous remplissions la fiche, quelqu'un est venu lui dire que le groupe de trente-six filles de Grenoble venait d'arriver. "Des filles?", a-t-elle dit, "mais on attendait des garçons". "Il faut aller dire aux garçons qui sont dans D3 de déménager dans E4 et E1". Nous avons cuit des macaronis pour notre souper et les avons mangés en bavardant avec deux étudiants américains, et un de Cambridge. Dans une autre partie de la pièce, cela chantait, principalement en allemand..

1er août, journée nationale suisse..

Nous avons remarqué que tous les drapeaux étaient sortis en notre honneur. Nous nous sommes promenés dans Bâle jusqu'à 14 heures 30, achetant des saucisses plates de type allemand pour le déjeuner. J'ai posté une carte de salutations à une amie d'Edimbourg. Bien que je l'ignorais alors, elle se trouvait à Genève pendant tout notre séjour!.< /p>

Photo 90. Une tour à Freiburg.
Photo 90. Une tour à Freiburg.

Photo 91. L'auberge de jeunesse à Freiburg-in-Bresgau.
Photo 91. L'auberge de jeunesse à Freiburg-in-Bresgau.

Nous avons traversé la frontière allemande. Après un grand nombre de formalités vraiment ennuyeuses, le douanier allemand nous a donné chacun une carte bleue qu'il faudrait rendre en sortant d'Allemagne. Nous avons eu l'impression que, si nous ne produisions pas ces cartes, ils ne nous laisseraient pas ressortir du pays. La route était très cahoteuse, pire qu'une petite route anglaise, pourtant, c'était la route No. 3 d'Allemagne. Il y avait beaucoup de motocyclettes; L'Allemagne est parfois appelée le pays des motos. Nous avons acheté de la confiture, des œufs, de la glace à la banane, etc., dans un petit village, et sommes arrivés à Freiburg au crépuscule. Comme nous ne savions pas où se trouvait l'auberge de jeunesse, nous sommes allés au poste de police. Nous avons réussi à demander: "Gute nacht, wo ist der Jugendherberge?" mais nous n'avons pas pu comprendre la réponse! Cependant, un agent nous a indiqué le chemin dans un mélange d'anglais, français, allemand et langage des signes. Nous avons suivi ses indications, mais au bout d'un moment, nous commencions à nous demander si nous étions encore sur le bon chemin, donc nous nous sommes arrêtés pour demander à une vieille dame. Elle parlait anglais! L'auberge de jeunesse se trouvait loin, en dehors de la ville, à environ deux miles dans la Forêt Noire. Elle comportait deux bâtiments en bois, sur le versant d'une colline couverte de sapins. Les Nazis l'avaient construite à l'origine, car cela faisait partie de leur programme Jeunesse. Il y avait une belle cuisine et d'excellentes installations pour se laver. Bien que sa capacité soit pour 260 personnes, elle était pleine à craquer, et beaucoup de gens ont dû dormir sous la tente. Heureusement, on nous a donné des places dans un dortoir. Pour le souper, nous avons mangé une grosse tranche de viande de porc en conserve froide, et plein de pommes de terres rôties..

Après une bonne nuit de sommeil, nous avons pris un petit déjeuner continental à la cantine. Le café ersatz était quasiment imbuvable. Le vrai café coûte très cher en Allemagne, le Nescafé coûtant 10 ou 12 shillings pour une boîte de 2 onces. Gordon a réparé une crevaison, puis nous sommes retournés en vélo au centre ville, et avons visité la cathédrale. Il y avait des stands dans la cour dehors, qui vendaient des fruits, des cartes postales, des souvenirs, des "hot dogs", etc..

Nous avons continué sur la route No. 3. qui était loin de s'améliorer. Il y avait beaucoup de cyclistes. Chacun d'eux, comme il passait, criait la salutation "Servos!" , et nous répondions de même. Lorsque nous sommes sortis d'Allemagne, nous en avions plutôt assez de ce mot. Le paysage était monotone, et il y avait un vent contraire. Nous avons atteint Baden-Baden à la tombée de la nuit. Comme nous pédalions dans les rues, un agent de police nous a stoppés parce que nous n'avions pas d'éclairage sur nos vélos. Nous lui avons demandé où se trouvait l'auberge de jeunesse et il a essayé de nous l'expliquer dans des termes que nous pouvions comprendre. Pendant cette explication, trois gars allemands sont passés à vélo, aussi sans éclairage. Il les a stoppés et a découvert qu'eux aussi se rendaient à l'auberge de jeunesse. Coup de chance, ils parlaient très bien anglais, et nous avons appris que l'auberge de jeunesse était trop loin pour s'y rendre à pied avant qu'elle ne ferme. L'agent de police nous ayant laissés partir avec seulement une réprimande, nous avons tous les cinq essayé d'obtenir une chambre dans un petit hôtel, mais le propriétaire a dit qu'il pouvait seulement nous prendre si nous réservions cinq chambres, et que cela nous coûterait 7 shillings 6 pence chacun, petit déjeuner non compris. C'était beaucoup trop cher, donc nous avons décidé de passer la nuit dans la salle d'attente de la gare. Quand nous y sommes arrivés, nous avons découvert qu'elle allait fermer à 11 heures, mais nous avons appris que la gare principale de Baden-Ooos, à 3 miles de distance, restait ouverte toute la nuit car plusieurs trains, y compris l'Orient Express, s'y arrêtaient. Alors, nous avons tous les cinq décidé d'aller à Baden-Oos. Comme c'était relativement loin, nous sommes remontés à vélo et un autre agent nous a stoppés. Nous avons fait notre numéro préféré en lui disant "Ich verstehe nicht", nos amis allemands murmurant le mot magique, "Englisch", et il nous a laissés repartir à pied..

Photo 92. La cathédrale de Freiburg.
Photo 92. La cathédrale de Freiburg..

Nous nous sommes installés le plus confortablement possible sur un banc en bois, puis nous nous sommes assoupis. Vers 2 heures 15, nous avons été réveillés brutalement par un vieux contrôleur grognon, et comme nous n'avions pas de billet, il nous a viré. Gordon et moi avons trouvé un abri de trolleybus devant la gare et nous avons dormi là, sur le banc, jusqu'à ce que les trolleys démarrent, à 5 heures du matin. Nous sommes partis de bonne heure, à 6 heures 15, sans avoir pris de petit déjeuner. Nous arrêtant dans un petit village en bordure de la route principale, nous avons acheté du fromage, du pain et du lait. Il y avait toujours un fort vent contraire, et nous avons seulement parcouru 64 miles, ayant passé 10 heures en selle. Nous avons dépassé Karlsruge, qui avait été beaucoup endommagée par les bombardements.

L'autobahn (autoroute spéciale) commençait là, mais les cyclistes ne sont pas autorisés à la prendre. Tout un réseau d'autobahnen couvre l'Allemagne, et elles sont construites afin de permettre à la circulation de maintenir une vitesse constante de 60 miles à l'heure, sur des centaines de miles. Les voitures peuvent uniquement entrer et sortir de l'autobahn à certains endroits (Auffahrten), qui ont parfois jusqu'à 20 miles de distance entre eux! A cause de l'autobahn, la route que nous avons dû prendre était en très mauvais état. Nous avons déjeuné dans un restaurant près de la gare de Bruchsal. Le repas était plus anglais que français. Nous avons essayé d'acheter des macaronis dans un magasin du village. La femme nous a montré des douzaines de pâtes aux formes tortillées différentes, mais elle n'avait pas de pâtes de forme droite! Nous avons atteint Heidelberg à 7 heures du soir..

Photo 93. Heidelberg. L'alte brucke (vieux pont) enjambant la rivière Neckar.
Photo 93. Heidelberg. L'alte brucke (vieux pont) enjambant la rivière Neckar.

Voici une traduction du poème de Scheffel:

Vieil Heidelberg, ville chère, couronnée d'honneurs et rare joyau,.
S'élevant au-dessus le Rhin et de la Neckar, nulle autre ne peut s'y comparer.

Photo 94. Dans Heidelberg.
Photo 94. Dans Heidelberg.

L'auberge de jeunesse, d'une capacité de 390 personnes, était pleine. Nous voulions rendre visite à un gars d'Exeter, Keith Walling, étudiant à King's College, à Londres, qui passait un trimestre à l'université d'Heidelberg, ceci faisant partie de ses études d'allemand. Après nous être presque fait renversés par un tramway avec une sonnette tonitruante, et après que Gordon soit tombé de bicyclette à cause d'autres lignes de tramway, nous nous sommes rendus à l'endroit où logeait Keith, à Bei Hammer. Cependant, nous avons découvert qu'il habitait maintenant dans un foyer d'étudiants. Nous avons bien trouvé l'immeuble, un joli édifice de trois étages, mais comme nous n'avions aucune idée du numéro de sa chambre, il semblait que nous n'allions peut-être pas le trouver. Heureusement, le premier étudiant à passer parlait anglais, et vrai coup de chance, il connaissait Keith. Ainsi, nous avons eu une petite réunion d'Exonians en exil. Nous avons eu de la chance qu'il soit chez lui, car il avait l'intention de partir en Suisse le lendemain! Nous sommes restés à parler tard dans la nuit, et avons écouté la BBC. C'est seulement à ce moment-là que nous avons réalisé que chez nous, c'était le week-end férié du mois d'août..

Nous sommes allés dans une des nombreuses tavernes fréquentées par les étudiants au bord de la rivière, qui était lambrissée de bois et avait plus de 500 ans; il était minuit quand nous en sommes sortis. Keith a réussi à s'arranger pour que nous dormions dans sa chambre. Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés à 9 heures, après une excellente nuit de sommeil. Nous avons fait une toilette rafraîchissante dans sa belle salle de bain. Pour le petit déjeuner, nous avons mangé du très bon pain bis (misch-brot), avec de la confiture et de la margarine excellente (mit Nuss- aux noisettes ou cacahuètes) qui était presque aussi bonne que du beurre. Keith nous a fait visiter la ville, qui avait entièrement échappé aux bombardements de la dernière guerre. Elle se trouve maintenant dans la zone d'occupation américaine et les rues sont bordées de grosses voitures qui appartiennent aux soldats américains. Il y avait même un magasin Woolworths, nom prononcé 'Voolvort' par les Allemands, bien entendu. Un magasin offrait des glaces avec vingt parfums différents. Les gâteaux à crème et fourrés coûtaient moins cher en Allemagne qu'en Suisse, où ils sont meilleur marché qu'en France. En ce qui concerne leur caractère délicat, par contre, il faut inverser l'ordre. Nous avons acheté des petits sablés appelés des Americanos..

L'université d'Heidelberg est la plus ancienne d'Allemagne, ayant été fondée en 1386. Donc, elle n'est pas aussi vieille que celle d'Oxford, Angleterre..

Photo 95. Une partie du château d'Heidelberg.
Photo 95. Une partie du château d'Heidelberg.

I l faisait beau, avec une brume de chaleur. Keith nous a fait monter au château. Celui-ci a été érigé en 1214, et détruit par les français en 1693. Il domine un beau panorama, des charmantes collines boisées qui bordent la rivière Neckar, à travers la plaine du Rhin, et jusqu'aux cheminées fumantes de Mannheim. Dans le château, se trouve le "Grand Tonneau", un tonneau monstre de 49 000 gallons, construit en 1751 pour accueillir la dîme annuelle sur le vin. Redescendant dans la ville, nous avons déjeuné au réfectoire de l'université, puis sommes allés nous asseoir au bord de la rivière. Le soir, comme nous ne voulions pas continuer à embêter Keith, nous avons dormi à la belle étoile dans un camping en bordure de rivière, à environ 3 miles en amont. Il y avait des voitures avec des plaques de toutes nationalités (sauf britanniques), des F françaises, des CCH suisses, des NL néerlandaises, des B belges, des I italiennes, des DK danoises, des S suédoises, et bien sûr, des D allemandes. Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés à 6 heures, et avons mangé une soupe aux champignons, du pain, du beurre et de la confiture. Nous avions également prévu de manger de la saucisse, mais un chien s'est sauvé avec. Nous l'avons poursuivi, mais sans aucune chance. Nous avons alors entamé la dernière étape de notre long voyage à bicyclette. Il y avait un fort vent contraire, et les routes étaient très mauvaises. Bien que le pays soit pratiquement plat, nous avons parcouru seulement 40 miles en 8 heures. Nous nous sommes arrêtés à Mannheim et nous avons échangé les tubes de nos selles, car celui de Gordon se fissurait. Mannheim, et la ville voisine, sur l'autre rive du Rhin, Ludwigshafen, ont subi de gros bombardements..

Photo 96. Le château, vu d'en bas.
Photo 96. Le château, vu d'en bas.

Photo 97
Photo 97. Cette photo illustre une vieille coutume allemande. Quand une maison en construction arrive à la hauteur des chevrons, le propriétaire donne une fête à laquelle il invite les ouvriers. Un petit sapin est décoré avec des papiers de couleur, un peu comme nos arbres de Noël, puis fixé au toit, pour porter chance. Nous avons même vu ces arbres décorés en ville, sur des immeubles administratifs de six étages.

La reconstruction est assez phénoménale, mais il y a encore de nombreuses zones sinistrées. Nous avons vu le plus gros tonneau de vin du monde, à Bad Durkheim. Il est aménagé comme un restaurant sur trois étages, avec de la place pour 500 convives! Les routes étaient très mauvaises et nous pédalions souvent sur le trottoir. Malgré les tuyaux d'égout, juste à moitié enterrés, qui partent de chaque maison vers le caniveau, c'était plus facile que les pavés de la route qui nous secouaient jusqu'aux os! Le soir, nous avons atteint une colline, avec une longue côte à monter. Juste après le sommet, nous avons décidé de camper pour la nuit près d'un village appelé Frankenstein. Nous sommes allés chercher de l'eau à une maison avec un panneau "Hunde bissige" (chien qui mord), nous nous apprêtions à camper dans un champ à proximité d'un ruisseau. Soudain, nous avons entendu le bourdonnement fatidique des moustiques, et s'il est vrai que 'chat échaudé craint l'eau froide', nous étions soixante fois plus craintifs, et nous aurions même craint l'eau tiède! Donc, nous avons poussé nos vélos et nos sacs en grimpant un chemin escarpé à travers bois, et cela a semblé suffire pour s'en éloigner. Pour le souper, nous avons cuit des macaronis et étions en train de manger quand la pluie s'est mise à tomber. Bientôt, il pleuvait des trombes, qui coulaient à travers les branches, et nous avons entendu l'orage qui s'approchait. Tout était maintenant mouillé, et nous aussi, et nous ne savions pas où aller dormir. Heureusement, Gordon s'est souvenu avoir vu une petite cabane dans le jardin d'une maison près de la route. Portant nos capes de cyclistes, nous avons péniblement descendu le long chemin escarpé pour rejoindre la route, nos chaussures s'enlisant dans la boue..

Photo 98. L'auberge de jeunesse à Saarbrucken.
Photo 98. L'auberge de jeunesse à Saarbrucken.

Nous avons escaladé un mur et découvert, qu'heureusement, le cadenas sur la porte n'était pas verrouillé. Nous sommes retournés en haut de la colline pour aller chercher nos bagages, mais avons laissé nos bicyclettes sous les arbres. Notre torche a arrêté de fonctionner, et nous avons dû trouver notre chemin le long du chemin boueux à tâtons. Nous avons entassé nos possessions dans la cabane du jardin, puis allumé une bougie. Gordon avait ri quand je l'avais mise dans mes bagages, avec d'autres choses qui, effectivement, ne nous ont servi à rien. Nous avons ôté nos vêtements mouillés, et essayé de nous installer le plus confortablement possible. Nous avons bien dormi, malgré la pluie qui cinglait sur le toit. Nous nous sommes réveillés de bonne heure et avons décampé de la cabane dès que possible, car nous n'aurions pu y expliquer notre présence en allemand! Nous avons cuit des œufs sur le plat et des frites dans l'allée, puis sommes allés chercher nos vélos, qui étaient restés étonnamment secs. Nous avons continué notre route jusqu'à Kaiserslautern, où se trouve un gros dépôt américain, avec trolleybus, feux de signalisation, terrains de base-ball, grosses voitures, et partout, des panneaux indiquant:

TRINK COCA-COLA EIS KALT.

Nous avons acheté un apfelsaft (jus de pommes non fermenté), avec le reste de nos pièces allemandes, puis avons franchi la frontière, entrant dans la Sarre..

C'est une région minière et industrielle, qui n'est pas du tout agréable. Nous avons remarqué l'effet des accords internationaux, qui font que la Sarre est comme un pion, que se passent et se repassent l'Allemagne et la France. Les gens de la Sarre sont des allemands, qui sont désormais obligés d'utiliser la monnaie et les produits manufacturés français. Ils semblent amers, et refusent de parler ou de répondre en langue française. Nous avons découvert un type de gros saucisse cuite, excellente quand on la tartine sur du pain. Nous sommes allés à l'auberge de jeunesse de Saarbrucken. Un monsieur a eu la gentillesse de nous indiquer le chemin en français. L'auberge de jeunesse était très moderne. Plusieurs cyclistes anglais s'y trouvaient. Nous avons réussi à comprendre, par le responsable qui ne pouvait (ou ne voulait) que parler allemand, que la cuisine était "Kaput", donc nous avons cuit des macaronis et des œufs sur notre réchaud dans le jardin. Il y avait une jolie vue sur Saarbrucken de la fenêtre du dortoir. Nous avons bien dormi, sur des lits confortables. Le lendemain, nous avons passé la frontière française. Au poste de douane, nous avons discuté avec un motocycliste de Leicester, qui nous a indiqué plusieurs restaurants bon marché à Paris..

Photo 99. La Porte des Allemands, Metz.
Photo 99. La Porte des Allemands, Metz.

Nous passions maintenant à moins de 30 miles du Luxembourg. Pendant la journée, deux longues déviations, dues aux travaux de route, nous ont ralentis. A un certain endroit, juste en dehors de Metz, nous nous sommes rendus dans une ferme, espérant pouvoir dormir dans le foin, comme nous l'avions fait la dernière fois que nous étions en France. Cependant, les gens n'étaient pas très aimables et nous avons continué notre chemin. Peu de temps après, nous avons aperçu un panneau qui indiquait qu'il y avait une auberge de jeunesse à Metz, laquelle n'était pas mentionnée dans notre guide. Comme nous l'avons découvert par la suite, c'était une des auberges appartenant au mouvement des Jeunesses communistes, bien que cela n'ait pas été clair à ce moment-là. Nous avons vu la cathédrale de Metz, et demandé à un agent de police comment nous rendre à la Place Coislin, où se trouvait l'auberge de jeunesse. Il nous a dit qu'il ne savait pas, car la ronde qu'il faisait était dans un autre quartier! L'auberge de jeunesse consistait en plusieurs cabanons en bois, sur une place, dans une partie plus pauvre de la ville. Les vélos et les motocyclettes étaient garés dans une annexe de la chambre. Nous avons cuit notre repas sur un réchaud au gaz Calor, qui semblait souffrir d'asthme! Il y avait même de la musique pour s'endormir.

[Read part 4 >>]